Histoires et légendes de la Presqu'île guérandaise

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La grotte des Korrigans au Pouliguen

Le Pouliguen, côte sauvage · histoire vraie et légendes des korrigans

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En bref

Où
Le Pouliguen, côte sauvage, baie du Scall, au bord de la route de la côte (D45), à la limite de Batz-sur-Mer
Quoi
Grotte marine de 32 mètres creusée dans le gneiss, deuxième plus longue de Loire-Atlantique, deux entrées
Quand y aller
Seulement à marée basse : à marée haute, une partie de la grotte est sous l'eau
Le nom
« Grotte du Kourigan » au singulier dans les premiers écrits (chanson du docteur Foulon, 1859), pluriel vers 1881
La légende
Le paludier Cavalin, la reine des korrigans et le trésor caché sous la Pierre Longue

La grotte des Korrigans, au Pouliguen, est la plus célèbre des 23 grottes de la côte sauvage : une grotte marine de 32 mètres creusée dans le gneiss, la deuxième plus longue de Loire-Atlantique. D'où vient son nom ? Qui sont vraiment les korrigans ? Et que raconte la légende du paludier Cavalin et de la reine des korrigans ? L'histoire vraie d'abord, les légendes ensuite.

Histoire vraie

Une grotte creusée par la mer

La grotte s'ouvre près de la baie du Scall. Elle a deux entrées : une grande bouche face à l'océan, au sud, et une faille étroite côté plage. En 1912, des auteurs racontaient que des gens y étaient restés coincés ; le passage a depuis été aménagé.

Certains ont imaginé un creusement humain : des Gaulois ou des Romains en quête de plomb argentifère, ou des mineurs de l'âge du bronze à la recherche d'étain. Aucune trace archéologique ne l'a confirmé : les vagues ont simplement élargi les fissures de la roche.

Un nom qui date du XIXe siècle

La plus ancienne trace écrite date de 1859, dans une chanson du docteur Foulon, et les plus anciens écrits parlent de la « grotte du Kourigan », au singulier. Le pluriel n'apparaît que vers 1881, notamment chez l'écrivain Jean Richepin.

Carte postale ancienne : vue depuis l'intérieur de la grotte vers la mer
La grotte des Korrigans, carte postale vers 1930 (domaine public).
Linogravure d'un korrigan sur la lande
Le korrigan des contes bretons, haut d'une ou deux coudées.
Légende

Le souterrain de Guérande

La plus ancienne légende raconte qu'un souterrain partait de la grotte jusqu'à Guérande, à plus de sept kilomètres, et qu'un korrigan y faisait disparaître les téméraires. La grotte ne fait que 32 mètres et personne n'a jamais trouvé le passage.

Le paludier et la reine des korrigans

Un soir d'hiver, au bourg de Batz, un paludier que la tradition appelle Cavalin offre un abri à une vieille femme qui grelotte. Elle se transforme en reine des korrigans, couverte d'or et de diamants, et lui confie les mots magiques qui ouvrent la pierre du fond de la grotte : y aller la nuit seulement, et rentrer avant le lever du soleil. La suite, racontée à Batz, mène au trésor, à la Pierre Longue et à un plat magique.

Linogravure : la reine des korrigans apparaît au paludier dans sa maison
La vieille femme se transforme en reine des korrigans.

Questions fréquentes

Où se trouve la grotte des Korrigans ?

Au Pouliguen (Loire-Atlantique), sur la côte sauvage de la presqu'île guérandaise, près de la baie du Scall, au bord de la route de la côte (D45), à la limite de Batz-sur-Mer. On y accède en descendant sur la plage : la grotte s'ouvre au pied de la falaise.

Peut-on visiter la grotte des Korrigans à marée haute ?

Non. On n'y entre qu'à marée basse : à marée haute, une partie de la grotte est sous l'eau et la mer remonte vite. Il faut vérifier l'horaire des marées avant de partir et prévoir une lampe, car le fond est très sombre.

Quelle est la taille de la grotte des Korrigans ?

C'est une grotte marine de 32 mètres de développement, creusée dans le gneiss par les vagues. C'est la deuxième plus longue grotte de Loire-Atlantique. Elle a deux entrées : une grande ouverture face à l'océan, au sud, et une faille étroite côté plage, aménagée depuis.

Pourquoi l'appelle-t-on la grotte des Korrigans ?

Les plus anciens écrits, à partir de 1859 avec une chanson du docteur Foulon, parlent de la « grotte du Kourigan », au singulier : la plus vieille légende y place un seul korrigan, gardien d'un souterrain menant à Guérande. Le pluriel « des Korrigans » apparaît vers 1881, notamment chez l'écrivain Jean Richepin.

La grotte des Korrigans a-t-elle été creusée par l'homme ?

Certains auteurs ont imaginé une mine de plomb argentifère gauloise ou romaine, ou une extraction d'étain à l'âge du bronze. Aucune trace archéologique ne l'a confirmé : l'action des vagues suffit à expliquer l'élargissement des failles de la roche.

Que raconte la légende de la grotte des Korrigans ?

Un soir d'hiver, au bourg de Batz, un paludier que la tradition appelle Cavalin offre un abri à une vieille femme qui grelotte. Elle se transforme en reine des korrigans et lui confie les mots magiques qui ouvrent la pierre du fond de la grotte, à condition d'y aller la nuit et d'être rentré avant le lever du soleil. Selon une version racontée à Batz, il en rapporte trop, cache le trésor sous la Pierre Longue et ne le retrouve jamais.

Transcription de l'épisode

Texte intégral de la vidéo, raconté à deux voix par Léa et Marc.

0:00 Ce que l'on sait vraiment

Léa : Bonjour et bienvenue. Aujourd'hui, on part sur la côte sauvage, entre Le Pouliguen et Batz-sur-Mer.

Marc : Une côte de rochers et de falaises, battue par l'océan, où la mer a creusé vingt-trois grottes. Et la plus célèbre porte un nom qui fait rêver : la grotte des Korrigans.

Léa : Elle s'ouvre près de la baie du Scall, au bord de la route de la côte. Une grotte marine, creusée dans le gneiss, une roche très dure, par des milliers d'années de vagues.

Marc : Elle mesure trente-deux mètres de long. C'est la deuxième plus longue grotte de Loire-Atlantique.

Léa : Elle a deux entrées. Une grande bouche ouverte face à l'océan, au sud. Et une faille étroite, côté plage.

Marc : Une faille si étroite qu'en 1912, des auteurs racontaient que des gens y étaient restés coincés ! Depuis, le passage a été aménagé.

Léa : Certains ont même imaginé qu'elle avait été creusée par l'homme : des Gaulois ou des Romains en quête de plomb argentifère, ou des mineurs de l'âge du bronze à la recherche d'étain.

Marc : Mais aucune trace archéologique ne l'a jamais confirmé. Les vagues suffisent à expliquer sa forme : elles ont simplement élargi les fissures de la roche.

Léa : Et une règle d'or : on n'y entre qu'à marée basse. À marée haute, une partie de la grotte est sous l'eau, et la mer remonte vite.

1:23 Qui sont les korrigans ?

Marc : Mais pourquoi « des Korrigans » ? Pour le comprendre, il faut savoir qui sont ces drôles de personnages.

Léa : Dans les contes de Bretagne, les korrigans sont des nains, hauts d'une ou deux coudées, entre cinquante centimètres et un mètre. Certains ont, dit-on, des yeux rouges qui brillent et ensorcellent les humains.

Marc : Ils hantent les grottes, les dolmens, les tumulus, les landes et les fontaines. À la tombée du jour, ils dansent en cercle dans les prés.

Léa : Ils ne sont ni bons ni méchants. À ceux qui les dérangent, ils lancent parfois un défi : réussi, il rapporte un vœu ; raté, il peut mener tout droit dans une prison sous la terre.

Marc : Et la nuit du 31 octobre, disait-on, ils rôdaient près des dolmens pour entraîner les vivants dans leur monde souterrain.

Léa : Ici, au bord de la mer, une grotte sombre, qui se remplit et se vide au rythme des marées, était l'endroit rêvé pour y loger un korrigan.

Marc : Et c'est bien ce que disent les textes. La plus ancienne trace écrite date de 1859, dans une chanson du docteur Foulon. Et les plus anciens écrits l'appellent la « grotte du Kourigan ».

Léa : Remarquez : au singulier. Les plus vieilles légendes parlent d'un seul korrigan. Le pluriel n'apparaît que vers 1881, notamment sous la plume de l'écrivain Jean Richepin.

2:36 Le souterrain de Guérande et la légende du paludier

Marc : La plus ancienne de ces légendes est aussi la plus inquiétante.

Léa : On racontait que de la grotte partait un souterrain, qui filait... jusqu'à Guérande, à plus de sept kilomètres.

Marc : Et dans ce souterrain vivait un korrigan. Les téméraires qui s'y aventuraient... ne revenaient jamais.

Léa : Bien sûr, la grotte ne fait que trente-deux mètres, et personne n'a jamais trouvé le passage. Mais l'histoire a traversé les générations.

Marc : Puis vient la légende la plus célèbre, celle que raconte encore l'office de tourisme : le paludier et la reine des korrigans.

Léa : Nous sommes au Moyen Âge, au bourg de Batz. Les paludiers y récoltent le sel des marais, à la force des bras.

Marc : Un soir d'hiver, l'un d'eux, que la tradition appelle Cavalin, croise dans la rue une vieille femme, très laide, qui grelotte de froid.

Léa : Il ne passe pas son chemin. Il lui offre un abri chez lui, pour qu'elle se réchauffe.

Marc : Et soudain, la vieille femme se transforme. À sa place se tient une jeune femme, couverte d'or et de diamants : la reine des korrigans.

3:40 Le trésor des korrigans et la Pierre Longue

Léa : Pour le remercier, elle lui confie un secret. Au fond de la grotte, près de la baie du Scall, une pierre sert de porte. Elle s'ouvre si l'on prononce les mots magiques qu'elle lui apprend.

Marc : Derrière, le trésor des korrigans. Mais deux conditions : n'y aller que la nuit, et être rentré chez soi avant le lever du soleil. Sinon, le trésor se change en cendres.

Léa : La suite, on la raconte à Batz. Une nuit, Cavalin entre dans la grotte, prononce les mots... et la pierre s'ouvre.

Marc : Derrière, un monde de lumière et de musique, des salles remplies de trésors. Cavalin remplit son sac. Puis il aperçoit une autre salle, plus riche encore. Et une autre. Et une autre.

Léa : Il en oublie l'heure. Une chute le ramène à la réalité : l'aube approche !

Marc : Il court, pieds nus, ses sabots perdus en route, et cache le trésor sous un menhir qui semble bouger sous sa main : la Pierre Longue. Mais le lendemain, la pierre ne bouge plus.

Léa : La reine lui apparaît une dernière fois. Il a voulu trop prendre : le trésor restera sous la pierre. Mais parce qu'il a été bon, elle lui laisse un cadeau, un plat magique qui se remplit de tout ce dont il a envie.

Marc : La morale est ancienne : la générosité est récompensée, l'avidité punie. Et les mots magiques, Cavalin les a gardés pour lui... toute sa vie.

5:10 Visiter la grotte et la côte sauvage

Léa : Aujourd'hui, la grotte des Korrigans est l'une des promenades favorites de la côte sauvage.

Marc : Pour y aller : direction Le Pouliguen, la baie du Scall, au bord de la route de la côte, à la limite de Batz-sur-Mer. On descend sur la plage, et la grotte est là, au pied de la falaise.

Léa : Vérifiez l'heure de la marée basse avant de partir. Et prévoyez une lampe : au fond, il fait très sombre.

Marc : Ensuite, continuez à longer la côte. Il y a la grotte des Jumelles, à l'entrée de la baie du Sphinx, avec ses deux entrées et, entre les deux, une grande salle qu'on appelle la cathédrale.

Léa : Et la Pierre Plate, qu'on appelle aussi le Trou du Diable : à mi-marée, la mer s'engouffre dans une fente et gronde comme le tonnerre.

Marc : Et si vous tendez l'oreille au fond de la grotte, quand le vent souffle... ce n'est peut-être pas seulement la mer que vous entendez.

Léa : C'était la légende de la grotte des Korrigans. À bientôt pour une nouvelle histoire de la presqu'île guérandaise.

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